L’enceinte militaire recèle des traces exceptionnelles. 70 graffiti réalisés par des détenus se déploient sur les murs de la casemate n°17, dont 53 ont été identifiées : 39 hommes et 14 femmes. Des noms, des dates, des mots, des dessins esquissés, gravés au crayon ou au charbon quelques heures ou quelques jours avant d’être fusillé ou déporté. Ces traces émouvantes seront au cœur de l’exposition installée dans les casemates du fort et dans la déambulation extérieure proposée.
Une restauration d’ampleur
La casemate 17 recèle au moins 70 graffitis réalisés par des détenus du fort de Romainville durant la période de l’Occupation, dont 53 (39 d’hommes et 14 de femmes) ont pu être identifiés. Des noms, des dates, mais aussi des petits mots, des dessins, esquissés, gravés, au crayon ou au charbon, quelques heures ou quelques jours avant de quitter le fort. Ces traces exceptionnelles font du Mémorial un lieu unique.
En janvier 2023, sur site, Patricia Mirallès, la secrétaire d’Etat chargée des Anciens Combattants et de la Mémoire, annonça la restauration des graffitis de la casemate 17 du fort de Romainville, financée par l’État dans le cadre du futur aménagement du Mémorial national des femmes en résistance et en déportation. Le 17 juillet 2023, elle visita le chantier achevé.
La voute de la casemate est désormais visible, donnant davantage d’ampleur aux graffitis dessinés sur le haut des murs. Ceux qui étaient en danger, les plus fragiles – certains se décollant progressivement du mur du fait de l’humidité – sont aujourd’hui préservés. Des petites tranchées, remplies de graviers, ont été réalisées pour laisser « respirer » les murs et ainsi assurer une conservation de long terme. D’autres dispositifs complètent ce travail pour suivre le climat de la casemate qui, sous conditions, sera visitable par le public.
La restauration a été suivie par les services de la DRAC Île-de-France, au sein d’un comité technique mis en place avec le ministère des Armées. En juin 2025, le dossier de classement aux Monuments historiques des graffitis de la casemate 17 sera présenté.
Le dispositif muséographique envisagé se basera sur la mise en lumière et sur l’alternance de la présence et de l’absence de graffiti à certains endroits des murs. Les lutrins permettront une mise à distance des visiteurs et serviront de supports à des récits de vie des auteurs des graffitis. À l’inverse des cadres vides présents à des endroits où il n’y a pas de graffiti rappelleront à la fois la fragilité de ces témoignages mais aussi tous les internés du fort qui n’ont pas pu laisser de derniers mots avant de partir pour être fusillé ou déporté.

La casemate 17 sera au cœur du parcours muséographique du Mémorial national des Femmes en résistance et en déportation.